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Pratiques interdites pour un psychologue

Un chiffre qui ne laisse aucune place au doute : 100 % des psychologues exerçant en France doivent respecter un cadre strict, balisé par la loi et la déontologie. Aucune marge de manœuvre, aucune interprétation personnelle. Ici, la règle ne laisse pas de place à l’à-peu-près. Le terrain de la psychologie, c’est celui de la rigueur et de la responsabilité.

En pratique, un psychologue n’a pas le droit de poser un diagnostic à distance, sans avoir rencontré la personne. La règle est claire : l’évaluation ne se fait jamais par écran interposé ou sur la base de renseignements rapportés par un tiers. C’est une protection pour chacun, une garantie contre les dérives. Et ce n’est que la première pierre d’un édifice plus vaste.

En France, la confidentialité n’est pas négociable. Le code de déontologie interdit formellement de livrer la moindre information personnelle obtenue dans le cadre professionnel. Même lorsqu’un juge insiste, la loi ne permet de déroger à cette règle que dans des cas strictement prévus. C’est une digue contre l’intrusion, une barrière protectrice pour la vie privée des personnes accompagnées.

La promotion d’une pratique ou d’un cabinet ne doit jamais s’appuyer sur des témoignages de patients sollicités. La déontologie refuse toute instrumentalisation de la parole des personnes suivies. Le respect de la personne prime, devant toute logique de notoriété ou de développement commercial.

Les interventions qui débordent le cadre du consentement éclairé, les démarches non sollicitées auprès de tiers ou la confusion des rôles entre vie professionnelle et personnelle exposent à des sanctions. Ces garde-fous ne sont pas là par hasard : ils dessinent les contours d’une profession qui place la protection de la personne au centre de tout.

Les principes essentiels du code de déontologie des psychologues

Le socle de la déontologie psychologique va bien au-delà d’un simple manuel de bonnes pratiques. C’est la charpente qui porte l’exercice professionnel, la promesse d’un engagement envers chaque personne rencontrée. Le code de déontologie des psychologues pose des repères précis, garants du respect des droits et de la liberté de chacun.

Dès la formation, ces principes irriguent chaque étape du parcours. À chaque intervention, ils s’imposent et guident les décisions du professionnel. Parmi eux, plusieurs exigences structurent la relation :

  • Respect du consentement éclairé : toute démarche repose sur une information transparente, sans manipulation ni pression. Le patient sait à quoi il s’engage, rien ne lui est imposé en sous-main.
  • Indépendance professionnelle : le psychologue ne plie pas devant les attentes d’un supérieur, d’un prescripteur ou d’un proche du patient. Sa boussole, c’est la personne qu’il accompagne, rien d’autre.
  • Confidentialité absolue : l’identité, les propos et les situations partagés restent sous scellés, hors de portée de tout regard extérieur, sauf obligation légale clairement définie.
  • Refus de tout acte portant atteinte à la dignité humaine : utiliser des méthodes non validées, ou des pratiques susceptibles de nuire à l’intégrité physique ou psychique, n’a pas sa place ici.

Ce code s’applique partout : en cabinet privé, à l’hôpital, en institution, dans la recherche ou l’enseignement. Chaque psychologue porte la responsabilité de ses choix, doit pouvoir expliquer ses méthodes et s’assurer qu’elles reposent sur des bases scientifiques solides. La formation ne s’arrête pas au diplôme : elle se poursuit, tout au long de la carrière, pour suivre l’évolution des savoirs et renforcer la qualité du travail mené. Actualiser ses connaissances, interroger ses pratiques, c’est l’exigence permanente de cette discipline, guidée par une éthique qui ne transige pas.

Secret professionnel en psychologie : pourquoi cette obligation protège patients et praticiens ?

Le secret professionnel n’est pas une formalité administrative : c’est la pierre angulaire de la relation entre psychologue et patient. Dès le premier rendez-vous, que ce soit en libéral, en institution ou à l’hôpital, cette règle s’impose sans exception. Inscrite dans le code de déontologie, doublée par le code pénal, elle garantit une confiance sans laquelle aucun travail en profondeur ne pourrait commencer.

La confidentialité va bien plus loin qu’une simple promesse de discrétion. Elle protège, légalement et éthiquement, la personne venue consulter, mais aussi le professionnel. Que le patient soit mineur, adulte ou sous protection juridique, le secret s’applique dans tous les cas. Il ne peut être levé que dans des circonstances très encadrées : un danger grave, imminent, ou un signalement relatif à la protection de l’enfance. Hors de ces situations, transmettre des informations expose à des sanctions pénales.

Rester fidèle au secret, c’est offrir un espace sûr, où la parole du patient peut circuler sans crainte d’être reprise ou mal comprise ailleurs. Ce climat de confiance est indispensable à la réussite de l’accompagnement psychologique. Et cette obligation ne concerne pas seulement les paroles échangées : elle s’étend aux notes écrites, enregistrements, échanges de mails. Rompre ce cadre, même une seule fois, suffirait à éroder la confiance et à fragiliser tout l’équilibre du suivi.

Jeune femme psychologue regardant un document dans un bureau moderne

Pratiques à proscrire et ressources pour mieux comprendre les obligations du psychologue

Exercer en tant que psychologue implique de s’interdire l’utilisation de méthodes ou techniques qui n’ont pas été validées scientifiquement. Recourir à des approches non reconnues, ou proposer des innovations sans fondement solide, relève d’une transgression du cadre professionnel. Porter le titre de psychologue, ce n’est pas avoir licence à tout tester : c’est s’engager à ne jamais manipuler, ni se servir du statut pour expérimenter hors champ.

L’exercice quotidien repose sur le discernement et l’impartialité. Établir un diagnostic sans évaluation approfondie, intervenir sans consentement explicite, ou imposer des méthodes déstabilisantes (telle une hypnose pratiquée sans encadrement rigoureux), tout cela s’inscrit dans la liste des pratiques à écarter. De même, participer à des recherches sans garantir l’anonymat ni obtenir un accord volontaire va à l’encontre des principes éthiques.

Pour mieux cerner ce qui est proscrit, voici quelques lignes rouges à ne pas franchir :

  • Le titre de psychologue ne peut s’obtenir sans diplôme reconnu et inscription officielle : toute usurpation expose à des poursuites.
  • Discriminer, faire du prosélytisme ou instrumentaliser la relation pour des intérêts personnels, c’est s’éloigner de la déontologie.
  • Préserver l’indépendance d’esprit, même face à la pression d’une institution ou d’intérêts commerciaux, reste une vigilance constante.

Le respect de ces règles ne limite pas la profession : il est la base pour que la confiance circule, que la parole s’ouvre et que la psychologie tienne ses engagements. Là où l’éthique veille, la sécurité des personnes accompagnées gagne tout son poids.